La peste ou le Choléra

 

5 actes - 9 personnages

Durée approx. : 95min

Genre : Comique

Disponible depuis juin 2011

Résumé : En France, une campagne présidentielle fait rage, les coups bas, manipulations, petites phrases, mensonges, et provocations s’enchainent. Les deux candidats, Jean-Nicolas Zarosky et Agrippine Raynal, se démènent pour attirer l’œil des caméras et draguer les électeurs. De la déclaration des candidatures à l’élection finale, le chemin ne se fera pas sans fracas.

Toutes ressemblances avec des faits réels n’est bien entendu qu’une pure coïncidence! Où Pas…

 

Extrait :

Dans cet acte, la scène est divisée en deux. D'un côté Zarosky et de l'autre Agrippine.

Agrippine : Martin, vous remontez dans mon estime! C'était une merveilleuse idée de qualifier Zarosky de gamin pourri gâté et irresponsable!

Martin : Merci madame! Mais ce n'est pas de moi…

Agrippine : Je me disais aussi…

Martin : Je l'ai juste lu dans un article!

Agrippine : (Exaspérée.) Martin! Vous me décevez! Je vous demande de penser est-ce trop vous demander?! Moi je ne peux pas tout faire! Je dois déjà penser à sourire et avoir l'air sympathique! Ça me prend tout mon temps!

Martin : Je suis vraiment désolé madame! J'ignorais que vous reprendriez cette phrase en public…

Agrippine : Maintenant tout le monde va croire que je ne peux pas faire des phrases toute seule!

Martin : Je ferai plus attention maintenant!

Agrippine : Vous avez intérêt! Enfin… Voyons les choses du bon côté, ça doit quand même bien agacer Zarosky cette histoire! Et ça, ça me donne du baume au cœur! J'aurais presque envie de vous faire la bise!

Martin : (Flatté.) Mais je vous en prie!

Agrippine : (Froidement.) J'ai dit presque Martin!

Martin : (Embarrassé.) Ah…

Retour du côté de Zarosky. Il revient dans la salle.

Jean-Nicolas : Ah! Ça va mieux! J'vais pouvoir me r'mettre au boulot!

Jean-Nicolas s'assoit devant le bureau où se trouve un petit cahier.

Henri Jaino : Sur quoi tu travailles?

Jean-Nicolas : (Fier.) Mon gouvernement!

Henri Jaino : Mais! Tu n'es pas encore élu tu sais?

Jean-Nicolas : (Agacé.) Et alors?! Ce n'est qu'une question d'temps! Non?

Henri Jaino : Mais tu devrais peut-être travailler sur d'autres choses, par exemple on doit encore faire le point sur tes soutiens dans la campagne!

Jean-Nicolas : (Il se lève avec mécontentement.) Après! D'abord je veux faire mon gouvernement! (Se mettant à trépigner en sautant à pieds joints.) Je veux l’faire! Je l'ferai!

Henri Jaino : Écoute Jean-Nicolas! Je vois bien que tu t'enfermes dans le boulot pour oublier le départ de Célia, mais fait gaffe! Tu vas nous faire un malaise vagal!

Jean-Nicolas : Mais j'pète la forme! C'est pas un divorce, un journaliste hargneux, et une candidate coincée du cul qui vont m'arrêter! Mais n'empêche… (Il reste un instant sans rien dire, puis va pleurer dans les bras d'Henri Jaino.) Pourquoi elle m'a quitté?!

Henri Jaino tapote le dos de Jean-Nicolas d'un air embarrassé. L'action revient du côté d'Agrippine.

Agrippine : Ah je suis fière tout de même!

Martin : Pourquoi madame?

Agrippine : (Exaltée.) Parce qu'avec cette petite phrase, il doit l'avoir mauvaise le Zarosky! On lui a niqué sa race! Il doit pleurer sa mère!

Martin : (Choqué.) Mais qu'est-ce qui vous prend madame?!

Agrippine : Et bien j'essaie de parler jeune! Ça ne se voit pas?!

Martin : Ah…

Agrippine : Quoi?! Ce n'est pas comme ça qu'ils parlent les jeunes?!

Martin : Je ne pense pas, non…

Agrippine : Qu'est-ce que vous en savez Martin?! Ça fait longtemps que vous n'êtes plus jeune après tout…

Martin : Sans doute…

Agrippine : Quel âge avez-vous d'ailleurs?

Martin : Et bien, j'ai 26 ans madame.

Agrippine : Quoi?! Mais ça ne va pas du tout ça!

Martin : Pourquoi madame?!

Agrippine : Il va falloir faire des efforts Martin! Je vous donnais quinze ans de plus!

Martin : (Vexé.) Ah… Désolé…

Agrippine : Vous me rappelez mon mari… ça fait des mois que je lui dis de faire un régime. J'ai beau le lui dire, il ne comprend pas qu'il fait tache, sur les photos de nous dans Paris Match!

Martin : Peut-être qu'il pense simplement que ce n'est pas l'essentiel.

Agrippine : Mais bien sur que si! C'est essentiel! L'image, c'est important! Regardez, Zarosky qui fait son footing en short pour montrer ses mollets! C'est de l'image! Si ça fait vendre du papier, c'est que ça plait à l'électeur! Mon pauvre Martin… Vous avez encore beaucoup à apprendre!

Martin : (Blasé.) Oui, madame…

Agrippine : Enfin bon, je veux bien admettre que même si mon mari fait un régime, ça ne m'aidera pas beaucoup. Il faut voir la vérité en face, il a autant de classe qu'un pot de yaourt avarié. Qui va faire confiance à la crémière dans ces conditions?

Martin : La crémière?!

Agrippine : (Exaspérée.) Oh Martin…

Retour du côté de Zarosky. Jean-Nicolas quitte les bras d'Henri Jaino et respire un grand coup.

Jean-Nicolas : Bon! Il faut que je me ressaisisse! Il va pas se faire tout seul mon gouvernement!

Jean-Nicolas se dirige vers le bureau et s'assoit devant le cahier.

Henri Jaino : Ça avance comment?

Jean-Nicolas : Oh, je viens de m'y mettre, j'ai seulement quelques idées en tête.

Henri Jaino : T'as des préférences pour ce qui est du premier ministre.

Jean-Nicolas : Oui, j'ai bien envie de choisir François Fuillon!

Henri Jaino : (Surpris.) T'es sûr?

Jean-Nicolas : Pourquoi? T'es pas convaincu?

Henri Jaino : Il fait un peu croque-mort, à moins d'avoir quelqu'un à enterrer, je ne vois pas l'intérêt! Il est plus sinistre que ministre!

Jean-Nicolas : Oh! Comme tu y vas!

Henri Jaino : Tu dois bien reconnaître, que ce gars est plus froid que l'iceberg qui a fait couler le Titanic!

Jean-Nicolas : C'est pas de sa faute! Il est sarthois!

Henri Jaino : Ça n'excuse pas tout!

Jean-Nicolas : Mais il a une qualité indéniable!

Henri Jaino : Laquelle?

Jean-Nicolas : C'est un lèche-bottes! Il saura rester à sa place.

Henri Jaino : C'est vrai que sur ce point, c'est indiscutable!

Jean-Nicolas : Oui, le premier ministre se doit d'être la serpillère sur laquelle le président s'essuie les pieds!

Henri Jaino : Tout à fait!

Jean-Nicolas : Il prendra les coups pour moi sans broncher, c'est idéal!

Henri Jaino : C'est vrai!

Jean-Nicolas : (Avec un large sourire.) Quelle bonne poire ce mec!

Copyright - 2011 Cyril Coatleven. Tous droits réservés.

 

 

 

 

 

 

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